Etude 2021 sur les tendances des services Achats : les chiffres à retenir

Comme chaque début d’année, l’association CNA (Conseil National des Achats) et le cabinet AgileBuyer publient les résultats de leur étude portant sur les tendances des Achats pour les mois à venir. Au total, plus de 680 répondants de tous secteurs d’activités ont participé au questionnaire qui portait sur huit thématiques principales :

  • Une fonction achat plus stratégique
  • Réduction des coûts
  • Relocalisation
  • Relation fournisseurs
  • Sécurisation
  • Digitalisation
  • Achats Durables et RSE
  • RH et compétences

Nous avons pu suivre la restitution à travers un webinaire interactif animé par Olivier Wajnsztok (Directeur Associé d’AgileBuyer). Plus de 80 acteurs du monde des Achats étaient présents pour l’occasion. Ils ont participé en échangeant leurs réactions et leurs points de vue sur les résultats. Nous vous proposons ici un résumé des statistiques qui nous paraissent les plus marquantes.

Les impacts directs de la crise Covid-19 sur les Achats

La réduction des coûts

Pour 77% des répondants, le premier objectif des Achats cette année est la réduction des coûts. Cela représente une petite dizaine de points de plus qu’il y a un an (68%), mais près de 20 points de plus qu’en Mai dernier (59%) alors que l’objectif principal au cœur de la crise était la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

Si on analyse les réponses par secteur, c’est sans surprise que les secteurs les plus en tensions actuellement sont ceux qui sont le plus dans une logique de réduction des coûts : l’automobile (85%), l’aéronautique (84%) ou encore le tourisme (84%).

La relocalisation

A la question “La crise va-t-elle vous pousser à relocaliser ?”, 30% des sondés répondent par l’affirmative. Pour quelles raisons ?

La raison la plus évoquée est la sécurisation des approvisionnements, qui se place effectivement comme un enjeu crucial en période de crise. Viennent ensuite : l’impact environnemental à 51% (en hausse de 2 points depuis 1 an), le Time to market à 47% (en hausse de 10 points depuis 1 an) et la réduction des coûts à 20%. La relocalisation se fait de plus en plus proche puisque les premières zones concernées seraient la France et l’Europe pour 77% des répondants. La France se voit de plus en plus attractive sur ce point puisqu’elle n’était considérée en 2019 que par 54% des répondants comme une zone de relocalisation propice.

L’analyse d’AgileBuyer mêlant relocalisation et double sourcing parait intéressante :

La technique du double sourcing s’impose au sein des directions achats. Ainsi, les entreprises sourcent un même service chez deux fournisseurs différents en France et dans d’autres pays européens ou en Asie. Cela présente plusieurs avantages comme celui de la proximité et de la réactivité. Cette méthode réduit sensiblement les risques de ruptures mais donne également à l’acheteur de nouveaux leviers de pilotage et de négociation.”

La relation fournisseurs plus stratégique

La digitalisation au service de la relation fournisseurs

Plus de 80% des sondés affirment avoir renforcé le suivi de la relation avec leurs fournisseurs en cette période de crise. Les moyens actuels de dématérialisation, de digitalisation et de communication à distance ont joué un rôle extrêmement important dans ce contexte. En effet, 74% des Directions Achats utilisent des outils collaboratifs e-achats, et plus d’un tiers d’entre-elles utilisent des outils d’automatisation des tâches (37%) ou de Data Analysis (35%).

Cependant, la limitation des interactions physiques a tout de même été ressentie comme un frein pour plus d’un quart des répondants. La mise en place d’un SRM pourrait être une réponse à cette problématique pour bon nombre d’entre-eux. Actuellement, seulement 26% utilisent un outil de type SRM, ce qui reste loin derrière d’autres usages tels que le reporting (61%) ou le sourcing (55%). Visiblement, les services Achats prennent conscience de l’importance d’un tel outil digital pour la gestion de leurs relations fournisseurs. En effet, plusieurs participants ont d’ailleurs témoigné de cette tendance, notamment Pascal Pelon (Chief Procurement Officer chez AXA) et Sonia Hugot (Directrice Achats   chez Transdev). Aurélien Veillet (Fondateur & Directeur associé chez Purchasing Partner)  a également réagi en confirmant l’intérêt grandissant de leurs clients pour les solutions SRM et KSY (Know Your Supplier).

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La gestion des risques

La gestion des risques fournisseurs est une problématique largement prise en compte par les services Achats et elle reste, d’après l’étude, globalement constante depuis 2016. En 2021, 3/4 des répondants affirment avoir un objectif de gestion des risques.   En effet, entre l’augmentation des prix (85%) et les menaces de ruptures d’approvisionnement (75%), il est préférable d’avoir des moyens efficaces pour anticiper ces potentielles difficultés.

Le risque financier est un aspect non négligeable également. Pourtant, 42% des sondés estiment n’avoir pas d’outils suffisants pour réellement comprendre la fiabilité financière de leurs fournisseurs. Même si ce chiffre est en baisse depuis 2020 (54%), il reste un réel effort à faire de la part des Directions Achats pour s’équiper à ce niveau.

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RSE : quelle prise de conscience ?

Un chapitre de l’étude est dédié aux pratiques des Directions Achats en matière d’achats responsables. Parmi les différents éléments abordés, nous pouvons retenir que les délais de paiement des fournisseurs est un sujet toujours d’actualité : 2/3 des Départements Achats auraient des objectifs pour assurer le respect des délais.

Par ailleurs, 37% des sondés expliquent avoir mis en place des questionnaires pour se faire évaluer de la part de leurs fournisseurs, ce qui révèle un indicateur de maturité intéressant pour les services concernés.

Enfin, l’étude traite également de l’importance de l’empreinte carbone. D’après les résultats, en 2021 l’empreinte carbone représente pour 58% une thématique pour laquelle le Service Achat contribue à la stratégie de l’entreprise. Cet axe prioritaire a d’ailleurs été confirmé par plusieurs témoins lors de la restitution de l’étude, notamment Michel Augé (Directeur des Achats RSE et de la Formation chez Groupe Crédit Agricole) et Olivier Villard (Directeur des Achats chez Bouygues Immobilier).